Club Nipédu #6 [PROFuctivité] : Bien télétravailler pour bien téléenseigner

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Le Club Nipédu, c’est tous les lundi sur Clubhouse à l’heure du goûter (17h30) pour parler ensemble Éducation, Productivité et Numérique

Lundi 05 avril 2021

«T’inquiète, je le ferai dimanche.» 

Un télétravailleur anonyme.

LA SYNTHÈSE

L’enseignant c’est aussi un télétravailleur aguerri. Et si beaucoup n’ont pas tardé à trouver leurs marques dans cette configuration, cette nouvelle room a permis de passer au crible  les bonnes (et les moins bonnes) pratiques du télétravail comme du téléenseignement. Réseaux sociaux, gestion du temps et de l’espace, perméabilité de l’activité professionnelle… 60 minutes pascales sous le signe de la convivialité et de la PROFuctivité.

CE QU’ON EN A RETENU

Travaillez comme vous êtes

Beaucoup de profils se sont croisés dans cette room. La première des réalités c’est que de par nos fonctions, nos habitudes, nos personnalités, nous sommes tous différent•e•s et qu’il n’existe pas de recette miracle applicable à tous•toutes. Alors en matière de télétravail, le mieux c’est de commencer à faire un petit audit croisé de qui nous sommes, de ce que nous voulons vraiment et des contraintes et opportunités que nous offre notre environnement de télétravail.

  • Le digital nomade, son mode de vie bohème et son petit chez soi dans lequel il se sent bien à l’étroit ;
  • L’ultra-connecté, bouillonnant et créatif, les réseaux sont à la fois sa fenêtre sur le monde et son outil de travail ;
  • Le méthodique obsessionnel productif, avec sur son bureau, son calendrier et son pomodoro : chaque seconde est optimisée ;
  • Le pénitent serein : retraite au grand air, calme et grands espaces… du tout confort pour s’adonner au travail de façon monacale. 

Les constats partagés par tous

Afin de se concentrer sur les détails, quelques grands constats sont partagés par les participants et tenus pour vrais.

  • Pour certains types d’échanges (intelligence collective, machine à café …), aucune astuce ne palliera la richesse de la proximité physique et sensorielle loin des écrans ;
  • Le télétravail ne peut être considéré comme une version dégradée du travail en présentiel. Il est important de penser hors de la boite et de s’adapter aux nouvelles contraintes tout en s’appuyant sur les nouvelles opportunités ;
  • Le changement d’environnement et la nouvelle donne espace-temps est une invitation à repenser son rapport au travail ;
  • Plus que jamais, les techniques de productivité sont des sources inspirantes pour expérimenter, questionner et se questionner pour s’améliorer.

Maîtriser sa connectivité

L’asynchrone : sollicitations des élèves, courriels et réseaux sociaux

Bien que de nombreux participants considèrent le mail ou les réseaux sociaux comme des outils de travail, tous s’accordent à dire qu’il est bon d’en garder la maîtrise et d’adapter l’usage aux besoins de façon éclairée. On pourra par exemple ;

  • définir des plages de consultation et privilégier la mise en sourdine des notifications ;
  • observer un temps de latence et “laisser décanter” pour opérer une priorisation, une sélection des réponses ;
  • garder toujours en tête que votre boite de réception c’est la To Do des autres ;
  • établir ce constat que pour la plupart des travailleurs du savoir, l’urgence n’existe pas : nous ne sommes pas des soignants et il n’est que très rarement question de mise en danger ;
  • apprendre à dire non aux sollicitations pour se fixer sur l’essentiel et le prioritaire. Certains participants cultivent l’art du oui mais. “Je te répondrais tel jour.” ; « Afin de répondre au mieux à ta demande, pourrais-tu préparer …” ;
  • S’agissant des questions des élèves qui sollicitent à toute heure, les stratégies ont également pour ambition d’éduquer à la communication en asynchrone qui reprend quelques uns des points ci-dessus : on peut penser notamment à l’aménagement de temps dédiés dans son emploi du temps (asynchrone) ou dans l’emploi du temps partagé avec les élèves (synchrone) pour fournir les réponses adaptées ;
  • cette éducation au télétravail, notamment avec les élèves les plus jeunes, peut se faire en lien avec les familles. Une logique de coéducation doublement vertueuse en cela qu’elle agit comme un synchroniseur de pratiques avec les familles ;
  • Il est par ailleurs dommage de ne pas faire bénéficier à l’ensemble des élèves d’une réponse savamment et longuement construite : pourquoi ne pas utiliser une solution comme Google Groups pour transformer les mails en fils de discussions ?

Le synchrone : les cours en ligne, les réunions

Pour les cours comme pour les réunions, pas question de miser sur une transposition du in vivo au in silico :

  • plus que jamais, on se doit d’être exigeant sur les temps de préparation et de valorisation en amont et en aval de l’événement : objectifs, déroulé, respect du cadre, attendus et livrable, communication avant et après… ;
  • imaginer des temps décorrélés des habituels cours ou réunions rituelles pour rompre l’isolement, offrir de l’aide ou créer de la convivialité. Nicolas propose à ses collaborateurs un rendez-vous quotidien façon stand up meeting autour de trois questions : qu’as-tu fait hier ? As-tu été en difficulté ? As-tu besoin d’aide ?

Aménager son espace de travail

C’est certainement là que le bât blesse : différence d’environnement, de budgets… l’aménagement du poste de travail c’est pourtant l’alpha et l’oméga du télétravail.

  • Dans le meilleur des cas, l’environnement idéal c’est une pièce pour soi, un grand bureau, un horizon dégagé ;
  • Le laptop (ordinateur portable) est à proscrire absolument pour les longues séquences de travail : penser à investir dans un écran déporté ; 
  • le double écran ou l’écran 27’ sont des incontournables pour celles et ceux qui sont amené•e•s à passer beaucoup de temps devant leurs écrans ;
  • le “bureau virtuel” est également indispensable : une suite bureautique en ligne robuste, complétée d’une messageries instantanées et d’une solution de visioconférence embarquée sont un outil incontournable pour simplifier et fluidifier le travail en équipe ;
  • côté assise : les musiciens optent pour la version cajón : un peu spartiate mais d’une efficacité rare pour la colonne vertébrale ;
  • les sportif•ive•s recommandent le ballon fitness (15€ dans toutes les bonne enseignes de sport). Inutile de chercher les modèles les plus élaborés, le produit de base fera l’affaire pour se déverrouiller le bas du dos et les hanches ;
  • le standing desk, le sur-bureau et toutes les versions modulables intermédiaires sont des alternatives intéressantes à la traumatisante posture assise en continu. Il est noté que de nombreuses améliorations ont été apportées récemment, notamment du côté des produits des fabricants de meubles scandinaves.
  • version ultime, le bureau debout agrémenté d’un tapis de marche ou de course, idéal pour des sessions qui dérouillent les jambes devant un écran.

Garder la maîtrise de son temps

Quel que soit le profil, certaines techniques de gestion du temps ont fait leur preuve en matière d’efficacité et de préservation de soi dans un cadre de télétravail :

  • le pomodoro : des plages de 30 min de travail en profondeur sur des tâches préalablement segmentées. Pour Samuel, c’est le pomodoro version musicale avec un vinyl à retourner toutes les trente minutes, pour Fabien, c’est le lick de guitare appris le week-end et répété toutes les trente minutes ;
  • la technique du pomodoro ne doit pas interférer avec les principes du flow : si le temps n’existe plus et que vous êtes en mode travail profond, ne surtout pas vous extirper volontairement de cet état d’attention ciblée et soutenue.

Références

C’EST PAS FINI

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Retrouvez le dernier épisode de Nipédu dédié aux [DÉ]FORMATION PROFESSIONNELLE

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